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art contemporain Languedoc Roussillon

Patrick Sauze/Doris Schlaepfer – Maison des Arts Bages

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écrans/screens

exposition du 11 février au 20 mars 2011
du mercredi au dimanche de 14H à 19H ainsi que les jours fériés
Maison des Arts
8 rue des Remparts
11100 Bages
tel: 04 68 42 81 76

Patrick Sauze

    « Imagination morte – imagine»

    Samuel Becket

Pour les artistes comme Donald Judd, Sol Lewitt ou Elsworth Kelly le travail commence toujours à partir du visible et du tactile. Ce processus est qualifié par les historiens d’art et certains critiques de « minimaliste », même si le terme de « minimalisme » n’a jamais été accepté par les artistes eux-mêmes, car l’élégance et l’essence de leurs œuvres semblent transcender le monde matériel.

Les tableaux de Patrick Sauze sont en opposition fondamentale à cette pratique ; conceptuels plutôt que minimalistes ils sont issus d’une profonde pensée méditative avec une conscience aigüe de l’immatérialité de l’existence dont le vide abyssal subsiste toujours dans notre inconscient.

Dans l’enfance on a joué à avancer sur des pavés tout en évitant de poser les pieds sur les joints ; c’est au moment où le pied est en l’air qu’il faut viser l’autre pave pour être « sauf » . Superstition ?… ou intuition du danger de l’inconnu ?…

Patrick Sauze a osé mettre son pied sur le joint et il est passé à travers. Son œuvre commence dans le vide et fait émerger quelque chose qui n’a aucune racine dans ce monde. Avec des moyens exceptionnellement économiques les tableaux matérialisent des formes inusitées mais hypnotiques. C’est une formidable réussite de les avoir fait avec tant de clarté, de délicatesse et de précision. Ils arrivent à créer un espace dans nos têtes comme s’ils étaient la manifestation concrète du « Nagual ».

watch film of the exhibition with commentary in english
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Doris Schläpfer

    In a cowslips bell I lie
    there I crouch when owls do fly “

    from Ariels Song, The Tempest. W. Shakespeare

Les tournesols n’ont pas de couleur sauf le gris foncé qui semble presque noir et qui est fait de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Malgré l’intensité de gris nous sommes conscients d’une lumière intérieurs.
La révolution du soleil révèle le temps qui passe et l’ombre obéit toujours.
Nous n’avons pas un point de vue conventionnel du tournesol, c’est comme si la fleur était avalée par son proper mouvement, et nous ne pouvons que deviner où elle s’est cachée elle-même.
Ce point de vue étrange et surprenant nous confond et nous destabilise par rapport à une représentation traditionelle ; le spectateur ne peut que sentir le tournesol dans l’ombre.

Quand le célèbre compositeur John Cage fait de son experience « 4 minutes 33 secondes » l’auditoire écoute le silence. Mais un vrai silence est impossible en présence d’êtres humains. Cette performance silencieuse est troublée par des sons parasites ( trépignement, toux, chants d’oiseaux, et bruits sourds de la rue ) mais aussi par les bruits internes du corps humain
( battement de cœur, respiration…).
Les tournesols de Doris se meuvent dans un monde de silence profond. Elles existent dans une dimension sans espace, ni volume, ni son, ni parfum.
Elles ne sont que des ombres tributaries de la position du soleil.


Dans cette série Doris expérimente l’extension de l’ombre vers la lumière en laissant l’encre aux
couleurs fades et délicates émerger du fond du papier. C’est comme la « couleur magique » révélée par de l’eau sur les pages blanches des livres de coloriages de notre enfance.
Ces dessins trouvent certainement une part de leurs racines dans les aquarelles de Joseph Beuys, bien qu’ici la qualité en soit plus informelle, plus « émergente » . Ainsi ils font partie intégrante de sa préoccupation pour l’immatérialité de l’ombre et sa dépendance à l’objet et au soleil.
Dans l’ enfance nous sommes convaincus qu’une ombre est aussi réelle que n’importe qu’ elle autre présence dans le monde. Cette capacité d’ acceptation et d’émerveillement s’éteint souvent a l’âge adulte, mais pourfois l’artiste peut la faire revivre.


« Quand nous ne sommes plus des enfants nous sommes déjà mort »

Samuel Beckett

Kathleen Burlumi

Adaptation en français: Denis Larané

watch film of the exhibition with commentary in english

Written by doris

February 13th, 2011 at 5:40 pm

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