nymphe de la république

Le Théâtre du soleil est de toutes les manifs parisiennes en l’automne 2010. Encore une fois, j’ai tenté le plan séquence, cette fois-ci plongée dans une sorte de transe collective… l’image en garde des traces (yeux sensibles : s’abstenir).
la fête à la goutte d’or – chateau rouge
Street Défilé à Château-Rouge le 10 octobre 2010 à 16:00 – Parvis de l’Eglise St Bernard, rue Affre Paris pour la présentation de la collection CHATEAUROUGE. Travail mené autour de l’élaboration d’une identité textile propre à ce quartier qui s’articule autour de trois éléments forts: LE BAZIN/// Tissu noble africain, véritable trésor de ChâteauRouge, se fait l’étendard de cette collection. Tissé et produit en Europe, il est ensuite teinté de façon artisanale en Afrique faisant ainsi écho à l’histoire de ce quartier : un fil tendu entre les deux continents.
LE MOTIF MAGOPINACIOPHILE///* Haut symbole de cette identité afro-parisienne, le billet de marabout distribué à la sortie des métros du quartier à été édité et reproduit pour créer un motif textile unique en série limitée. *Nom qui désigne les collectionneurs de billets de marabouts africains LES FETICHES DE RUE/// Série de broches qui ré-interprète la culture des fétiches africains (perles de verre, iconographie Mouride et petits éléments divers collectés dans la rue)
La scénographie du projet est construite autour de l’univers d’une noblesse afro-parisienne où défileront sur le pavé le Prince de Château Rouge, la Marquise de Barbès et la Comtesse de Magenta. Le défilé des dames de la cour sera ambiancé par les rythmes du DJ de RadioClit / organisateur des soirées SECOUSSE.
CHÂTEAUROUGE
Collection Printemps/Eté 2011
vidéo Annick Bouleau
festival Identiterres 10 Maison des Arts Bages
L’ouverture du festival Identi’terres le 2 octobre 2010 à Bages avec la companie Gérard Gérard
et l’exposition à la
Maison des Arts Bages
Sylvie Romieu, Anne Montaut et Claudio Isgro
exposition du 2 octobre au 10 (?) novembre 2010
Automne à Bages : Trois belles identités !
Le festival « Identi’terres « programme, à la Maison des Arts de Bages, trois fortes identités d’artistes, vivant et oeuvrant avec bonheur et réussite sur les bords de l’Etang.
De plus, ce « Paysage à trois « que proposent Sylvie Romieu, Anne Montaut et Claudio Isgro n’est pas pour rien ainsi donné à voir. Il s’agit là de trois regards, liés par l’amitié, mais aussi par l’évidence d’une sorte de nécessité de trilogie construite sur trois pratiques différentes, ici parfaitement associées, des techniques de création nées de l’art de l‘image photographique.
Le visiteur sera saisi d’emblée par l’ensemble des « Coupes sombres »d’Anne Montaut . Il n’y a d’acéré dans ces coupes que le regard de l’artiste, disséquant et recousant le grand écart des jeux d’ombres, de lumières et de matières, où la rigueur du noir et blanc, servit par de somptueux tirages, fait passer l’émotion la plus authentique tout en laissant chacun libre d’y trouver une part de rêve et d’humour.
Les jeux d’ombres ne sont pas en photographie une nouveauté,
mais la maîtrise d’Anne dans ce registre est, elle, réellement novatrice.
Avec Claudio Isgro, nous ne quittons ni les ombres, ni les lumières mais l’artiste fait de celles-ci, dans les lieux quasi clos où il les traque, des entités mutantes rebondissant sur les matières, en devenant quasiment vivantes, laissant des traces, des parcours, que les images couleurs redessinent, effacent à demi, ou magnifient . Ici aussi la maîtrise et l’inventivité servent l’émotion.
Sylvie Romieu occupe l’étage pour y décliner en deux séries de propositions talentueuses l’univers personnel que l’on lui connaît. Sa grande maîtrise des techniques de fabrication d’images lui permet d’en effacer subtilement les mises en œuvre, ne laissant venir aux regards qu’une poétique épurée qui entraîne le cœur et mobilise le rêve. Au-delà de ses grandes compositions, on aimera aussi de petites pièces ludiques, tirages sur papier de figurines sombres, rappel d’un beau vocabulaire d’imagerie intime, là aussi, à partager.
Daniel Bégard.
magazine olé
Lyon octobre 2010
de Florence JOU
Quand le paysage vibre, vrombit et s’électrifie, allez rôder ailleurs….

A Lyon, où la Biennale de la Danse ne tient pas toujours ses promesses…
La ville subit l’exode des mouvements libérateurs, des pas chassés maîtrisés, des performances en
extérieur. Sans doute faut-il tomber au moment opportun. Au théâtre des Célestins, la compagnie
Ailey 2 s’enfonce dans des clichés: visions de champ de coton périmés, costumes en crochet
exhibés, couchers de soleils en fond, cadences irrégulières….De la danse littérale….Partir à l’entracte
et éviter de fulminer devant un public conquis par un sous-produit américain, type mauvaise
comédie musicale à Broadway…Mainstream…
Vélo qui vogue le long des quais, on pause au Musée d’art contemporain pour un programme de
choc: Bruce Nauman et Trisha Brown.
Nauman violente le spectateur grâce à ses vidéos réalisées pour la plupart dans son atelier, par un
travail sur son propre corps qu’il expérimente à partir des années 60/70 aux Etats-Unis. Caméra
frontale, effets de bascule, les perceptions du spectateur sont troublés devant ce corps qui rebondit à
un angle de la pièce ou ces répétitions d’un même son de violon jusqu’à l’épuisement et l’absurde.
Becket et ses personnages en écho à ce monde claustrophobique et dysharmonique.

A côté, se déploie l’oeuvre de Trisha Brown qui recherche, depuis 1968, hors des espaces
conventionnels de la scène, la hauteur de Soho, l’espace des parcs, la liaison avec d’autres arts. La
chorégraphe travaille à des gestes accumulés, naturels, simplifiés. Quête d’une nouvelle écriture du
corps: idéographies, installations sonores, fusains qui tracent sur le papier depuis ses mains ou ses
pieds…
Enfin, en contemplant son visage dans un verre de Côte du Rhône, on cherche de nouvelles
connections avec le monde, dans cette ère du vide, où priment l’hédonisme, le libre-service libidinal,
le narcissisme exacerbé.
A voir: expositions mac de lyon jusqu’au 31Déc 2010.
A lire: Gilles Lipovetsky: L’ère du vide.
Dominique Baqué: Visages.
Arles. J-7 avant la Feria du Riz.
Vendredi 3 Septembre.
Au moment où « Visa pour l’Enfer » se délecte de signes surexhibés et de catastrophes uniformisées, où Luc Chatel brandit le credo de la « révolution copernicienne », place aux propositions arlésiennes.
Au Magasin de Jouets, la photographe Olivia Pierrugues, fraîchement sortie de l’ENSP, présente Hombrias, un regard sur l’univers de la corrida, suite à une commande du directeur de la galerie, Pierre Hivernat, aficionado convaincu, quelque peu réticent, comme d’autres, à l’extraordinaire galvaudé en matière photographique.
Pour cette exposition, tous deux ont sélectionné une série homogène de trente-deux clichés contre-collés, évacuant la violence et le sanguinaire et insistant davantage sur l’animalité, sur des mains tendues, des gestes anodins de l’avant-scène, soit des métonymies tauromachiques.

Olivia Pierrugues, qui poursuit son travail sur des univers virils, après avoir été remarquée pour ses points de tensions dans le monde des boxeurs pendant les RIP, esquisse un sursaut d’insatisfaction face à ses clichés…Le trac sans doute et la conscience que son travail photographique ne questionne pas ici la ferveur locale mais qu’il repose essentiellement sur des saillies intimistes, dans les Corrales, où elle a pu s’introduire grâce à l’aide de Luc et Marc Jalabert, éleveur et directeur des arênes d’Arles.
La recherche plastique, la couleur, le soin des détails font écho à la peinture espagnole, aux deux années passées à Séville pour Olivia, à l’influence du photographe Cristobal Hara.
Depuis l’ouverture de la galerie, Pierre Hivernat, qui roule sa mèche entre Londres et Arles, après
avoir claqué la porte de Marseille 2013, recherche l’alliance avec les partenaires locaux et espère
pouvoir encore produire, dans la mesure des finances, des expositions, comme celle-ci, avec la
qualité du tirage du laboratoire Voies Off.
Son épicerie d’art concentre aussi en sous-titre une boutique et une librairie avec des carnets
uniques, des matchboxes, des cartes….Et, habité par le vouloir-faire cher à Roland Barthes, il
proposera pour la suite un « open place »: délocaliser le lieu quinze jours à New York, organiser des
lectures..
Gageons que le lieu conservera la nécessité de la prise de risque artistique.
Tout près, La Vitrine, autre galerie dans la rue Jouvène, façonne son côté destroy et disparate.

Sur du papier Kraft, Charlotte Antoni, étudiante aux Beaux-Arts de Marseille, étale ses gueules qui
crachent ou vomissent dans un monde noir de fumée.
Lucie Dufour chevauche avec son appareil photographique le monde de l’équitation américaine et
tout en haut, au poulailler, Lisa Sudhibhasilp présentent les traces photographiques de l’humain:
sapins sociologiques, effigies d’intérieurs de voiture…
Julie et Aurélie, programmatrice et directrice, ont aussi des projets plein la tête et inviteront bientôt
Ln Boulle, la nouvelle fée du désign et d’autres surprises…
Gageons encore qu’elles trouveront les modes et moyens de conduire avec justesse l’ecclectisme
artistique.
Florence JOU
Le Magasin de Jouets, exposition Hombrias jusqu’au 17 Octobre.
La Vitrine, expositions renouvellées chaque mois.
Alicia Paz – Casanova Forever – L.A.C. Narbonne 2010
june 27 to september 26 2010
The paintings are surcharged with art historical references, the tree seems to symbolize the proliferation of encumbrances. From old Masters to popular art, the artist shows us images of women, shaped by models of how to seem to be. Apparitions from mythology juxtaposes photographs of faces.
Superwomen and old hags, astronauts and temptresses are weaving through a witches brew of paint. These wondering souls are playing Casanova’s game looking for a way out of there encastration. Nevertheless, immobilized in the glowing headlights of the present, caught in the branches of the tree of destiny, their enlightenment will never materialize.
An allegory perhaps of our contemporary ecological and spiritual impasse. This sensitive and talented artist is still very young. I will be interested in work that she will show us in the future.
Kathleen Burlumi


en français:
Les peintures sont surchargés avec des références historiques et artistiques, l’arbre semble symboliser la prolifération des encombrements. Des maîtres anciens à l’art populaire, l’artiste nous montre des images de femmes, façonnés par des modèles de comment être au monde. Des apparitions de la mythologie juxtaposent des photographies de visages .
Superwomen et vieilles taupes, astronautes et tentatrices tissent à travers un breuvage de peinture de sorcières. Ces âmes errantes jouent le jeu de Casanova à la recherche d’un moyen de sortir de leur encastration. Néanmoins, immobilisé dans les phares lumineux du présent, pris dans les branches de l’arbre de la destinée, leur éclaircissement ne se matérialisera jamais.
C’est peut-être une allégorie de notre impasse écologique et spirituelle contemporaine. Cet artiste sensible et talentueux est encore très jeune. Je serai intéressé par les travaux qu’elle va nous montrer à l’avenir.
Kathleen Burlumi
voir la vidéo de l’exposition
Casanova-Forever
Alicia Paz
Vincent Olinet
Piet Moget
et une choix de la collection
L.A.C.Lieu d’art contemporain Sigean-Narbonne-France
du 27 juin au 26 septembre 2010
casanova forever Narbonne – installation de Laurette Atrux-Tallau à la chapelle des Pénitents bleus
exposition du 27 juin au 3 octobre 2010

Casanova forever “off” Narbonne – “surbais(s)er” de J.C. Alix
Palais des Archevêques – cour d’Honneur Narbonne
du 7 juillet au 30 octobre 2010

Bons baisers d’Alix :… sur un pont surbais(s)é
Est-ce vraiment un pont ? Oui ! ce n’est que de cela qu’il s’agit ! Alors, au moins, y danse-t-on ? Non, on ne fait que le passer pour aller aux Plombs, à l’enfermement ! Mais les avaient-on déjà volés ces plombs, plombier ou ferrailleur indélicat et sans vertu, en avait-on perdu le fil, en maçon bavard et incompétent ? Alors là non, non et non !
Alors quoi ? Jean-Christophe Alix veut-il, en poète saturnien ayant du plomb dans l’aile, se guérir de sa mélancolie par un probable saturnisme ; le mal par le mal ?
Décidément non, toujours non ! Alix va très bien. A peine concédera-t-il qu’il aurait aimé avoir un peu plus de plomb dans la tête, (mais l’on peut faire sans), pour tenter de rendre les soupirs, les désirs et les aveux des Dogaresses et des messes libertines des couvents sous les images de Saint-Marc .Peu importe, car comme le disait déjà Alfieri : »le culte des images et d’autres points du dogme ne seront jamais ceux qui, crus on non, influent sur la liberté politique »

Cela n’empêche donc pas d’être sur ce pont, d’avoir le pied léger malgré le plomb dans les chausses : Ah ! Casanova was here ! Certes !, et alors ? Il n’y aurait plus rien à dire ? oh, si ! il suffisait de savoir encore entendre les lèvres, les grandes, les petites, les vierges et les rouées, qu’elles soient sous le fard ou le duvet. Ah ! comme elles murmurent, épellent, sucent et se mêlent. Doux concert qui monte du canal où elles se mirent et qui rend fous les geôliers et les passants de hasard qui les entendront.
C’est ce monde, ces sensibilités-là, qu’à l’invitation des services culturels de la municipalité de Narbonne, J-C. Alix présente, à la manière du «off d’un in ! ». Son travail, une installation-sculpture, modeste d’envergure et d’espace, aura trouvé refuge au bas des escaliers conduisant au Musée, c’est-à-dire aux appartements de l’Evêque. C’est là, un peu, beaucoup, une marge, un « recantou » Mais après tout, avant que de rendre hommage à l’Evêque, c’était peut-être là l’endroit idéal pour un Vénitien d’honorer autrement sa fille, sa gouvernante… ou le sacristain ! Les soupirs sont ainsi en situation : il a tout compris et les contingences le servent : Alix for ever !
Daniel Bégard

photos: Jean-Christoph Alix
Arles 41e rencontres de la photo
de Florence JOU
Arles. Séquence 1.
La tension retombe. Le bruit de l’obturateur se fait plus doux. Ici, les
professionnels ont laissé place aux badauds, aux promeneurs, aux amoureux.
Faire le tri, se laisser surprendre, ouvrir des portes, en refermer d’autres. Ne pas hésiter à dire non, à prendre le temps de recevoir une image dans ces 41e rencontres de la photo, dont on ne sait pas toujours si le fil conducteur est « lourd » ou « piquant » et si le rhinocéros rose, marqué désormais du sceau « I hate photography », ne boit pas la tasse…
Quelques étapes, certaines tendues d’images, d’autres invisibles.
La collection Marin Karmitz à l’Eglise des frères précheurs. Dans ce lieu gothique magnifique, on est traversé par la beauté de l’argentique, on lit les visions floues et torturées de Mickael Ackermann, dans un livre qui se déploie et qui nous transporte dans les vertiges de ses voyages.
Dans le travail d’Antoine d’Agata, on côtoie des lieux de mémoire ou des personnages à la Bacon, poings et sexes noués, identités flottantes dans leur transgression.
Antoine d’Agata, qui durant la semaine professionnelle, autour d’un croissant, après le champagne éclusé, venait pour la balade et non la représentation, dans une touchante timidité.
L’artiste ne ressemble pas à ses images, pas toujours. Heureusement. Le photographe suit une obsession, certes, mais qu’il sublime et qu’il n’est pas. Artiste qui balbutie, qui refuse les codes, et qui apprend seul son langage, hors de l’école, à l’image de Mario Giacomelli.
Seconde Etape. La chapelle du Mejan, place Berberova.

Giacomelli n’a pas appris la photographie, a commencé par la peinture et n’a pas hésité à forcer les contrastes, se foutant sûrement d’être quelqu’un.
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Sonnaient les calmes
Voûtes, et les rues alentour,
À ta chanson sans fin,
Alors qu’assise à ton œuvre de femme
Tu t’appliquais, heureuse
De ce vague avenir que tu rêvais en toi.
C’était mai plein d’odeurs, et tu aimais
Passer ainsi le jour.
Extrait:A Sylvia. Leopardi.
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Lire la voix de Leopardi, parlant de Sylvia disparue trop jeune, ressentir l’amour, la terre natale jusqu’à l’abstraction, jusqu’à voir les traits de la terre, la chair de l’écorce….La série sur les prêtres et leurs jeux, tels des gamins, tels des taches d’encre de chine, proche des fantasmes felliniens…
Extrêmement poétique.
Mais parce que les maîtres sont si difficiles à oublier, il faut ensuite errer dans les rues, sentir le Mistral sur sa peau, se laver et chercher les pochoirs de Miss Tic, l’enfant des fifties, entre la galerie Arlatino où elle expose et les devantures, les porches, la piscine Tournesol, où ses phrases assasines ne prennent que plus de valeur.

Vers le Rhône, chacun se contemple: les hommes sont beaux, coiffés de leur panamas; les femmes sont avides de soleil et de glaces. Mais l’art dans tout ça…
A La Vitrine, tenue par Julie et Aurélie, il est bon de rentrer et de faire des rencontres, d’être dans l’échange simple, celui de deux jeunes femmes qui investissent cette maison arlésienne, tortueuse, en pente, délabrée, pour montrer leurs coups de coeur:
Mélanie Duchaussoy et ses montres hybrides, monotypes inquiétants.


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Jean-François Mosca, le voyageur, avec son moleskine sous le bras, qu’il a scanné parfois, fait éclater par anecdotes ses interrogations pessimistes sur une époque bouffée par la technologie….
Iris Martin scande « le cerveau est un muscle gras »et transforme barbie en « fat girl » …Et d’autres à découvrir.
Et surtout, ne pas oublier de voyager incognito….
Les rencontres de la photo, jusqu’au 19 Septembre. Expos de 10h à 19h.
Frédérique Loutz – Jau espace art contemporain
Frédérique Loutz-Stephen Marsden-Château de Jau (66) Cases de Pène exposition du 26 juin au 26 septembre
de Florence JOU
Bal à Jau.
En pénêtrant le travail de Frédérique Loutz, on s’expose à guetter l’ombre d’une danseuse aux pas dyonisiaques et retenus.
En creux, forever, plane Casanova dans ses tableaux rêvés, ses acrobaties renversantes, ses yeux multiples qui sont autant de miroirs que d’appels à une entrée dans la chair du dessin.
Loutz dissémine des visages, des fragments de corps, des jeux de mots, des femmes maternelles. Elle se plaît à les superposer, à les enlacer pour que le tourbillon d’une vie explose à force de frivolités, d’apparences dans une société du spectacle en danger de représentation.

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Inquiétante étrangeté d’un monde où le regardeur ne sait plus si lui-même pourra encore voler un oeuf au-dessus des coulées volcaniques d’un polyptique.
A la croisée des langues, des couleurs saturées et de l’encre de chine, se décline l’envie pressante et urgente de la rencontre entre un homme et une femme, entre des lumières savantes et déclinantes.
Loutz touche l’esprit puis extrait les langues du corps qui s’étirent. Tout un réseau de personnages entament en écho, en rebonds, sur des fils invisibles d’une toile à une autre, d’un dessin minimal à un autre plus condensé des sarabandes.
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Au final, difficile de dire s’ils sont encore vivants, en attente de vie ou en fin de trajet. Des spectres colorés d’un colloque sentimental et surréaliste.
Lust ich.
Caprices.
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