Archive for the ‘Uncategorized’ Category
casanova forever Narbonne - installation de Laurette Atrux-Tallau à la chapelle des Pénitents bleus
exposition du 27 juin au 3 octobre 2010

Casanova forever “off” Narbonne - “surbais(s)er” de J.C. Alix
Palais des Archevêques - cour d’Honneur Narbonne
du 7 juillet au 30 octobre 2010

Bons baisers d’Alix :… sur un pont surbais(s)é
Est-ce vraiment un pont ? Oui ! ce n’est que de cela qu’il s’agit ! Alors, au moins, y danse-t-on ? Non, on ne fait que le passer pour aller aux Plombs, à l’enfermement ! Mais les avaient-on déjà volés ces plombs, plombier ou ferrailleur indélicat et sans vertu, en avait-on perdu le fil, en maçon bavard et incompétent ? Alors là non, non et non !
Alors quoi ? Jean-Christophe Alix veut-il, en poète saturnien ayant du plomb dans l’aile, se guérir de sa mélancolie par un probable saturnisme ; le mal par le mal ?
Décidément non, toujours non ! Alix va très bien. A peine concédera-t-il qu’il aurait aimé avoir un peu plus de plomb dans la tête, (mais l’on peut faire sans), pour tenter de rendre les soupirs, les désirs et les aveux des Dogaresses et des messes libertines des couvents sous les images de Saint-Marc .Peu importe, car comme le disait déjà Alfieri : »le culte des images et d’autres points du dogme ne seront jamais ceux qui, crus on non, influent sur la liberté politique »

Cela n’empêche donc pas d’être sur ce pont, d’avoir le pied léger malgré le plomb dans les chausses : Ah ! Casanova was here ! Certes !, et alors ? Il n’y aurait plus rien à dire ? oh, si ! il suffisait de savoir encore entendre les lèvres, les grandes, les petites, les vierges et les rouées, qu’elles soient sous le fard ou le duvet. Ah ! comme elles murmurent, épellent, sucent et se mêlent. Doux concert qui monte du canal où elles se mirent et qui rend fous les geôliers et les passants de hasard qui les entendront.
C’est ce monde, ces sensibilités-là, qu’à l’invitation des services culturels de la municipalité de Narbonne, J-C. Alix présente, à la manière du «off d’un in ! ». Son travail, une installation-sculpture, modeste d’envergure et d’espace, aura trouvé refuge au bas des escaliers conduisant au Musée, c’est-à-dire aux appartements de l’Evêque. C’est là, un peu, beaucoup, une marge, un « recantou » Mais après tout, avant que de rendre hommage à l’Evêque, c’était peut-être là l’endroit idéal pour un Vénitien d’honorer autrement sa fille, sa gouvernante… ou le sacristain ! Les soupirs sont ainsi en situation : il a tout compris et les contingences le servent : Alix for ever !
Daniel Bégard

photos: Jean-Christoph Alix
Eclats de vie au C.L.A.P. Paraza
Léo de Faucher
Carol Becam
C.L.A.P. Centre local d’art Paraza 11200 Paraza
du 4 juin au 17 juillet 2010

Le vernissage au CLAP, lieu sympatique au bord du canal du midi, avec beaucoup de monde comme toujours!
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François Xavier Carrière, directeur de l’association et propriètaire du lieu avec les artistes Léo de Faucher et Carol Becam ..
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Léo de Faucher
Exilé en terre audoise, Léo travaille à Pennautier, petit village de la banlieue carcassonnaise depuis près de quarante ans. Artiste professionnel, il a été formé dans des ateliers de plasticiens renommés, tel celui de Rémi Tawyl, portraitiste attiré du roi Farouk d’Egypte, ou celui de Carlos Chérubini, un vieux maitre italien, qui en son temps avait décoré le Lido à Paris. Ce dernier lui transmettra des secrets techniques tout comme le goût des fêtes baroques vénitiennes, en le faisant évoluer vers l’onirisme et le fantastique.
L’oeuvre de Léo n’en démeure pas moins visionnaire. Elle offre en partage un formidable voyage imaginaire ouvrant des portes sur une étonnante dimension, où des éléments anachroniques ou irréels, contribuent à créer le sentiment d’avancer dans un monde qui échappe à notre temps. Ce fort désir d’évasion parait lui venir des souvenirs faibles pyrénéennes racontées avec talent par son aîeule maternelle, et à ll’humaine nécessité pour lui, de transmettre ses émotions.
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Carol Becam… Pour moi, la peinture se veut PURE. Cette notion de pureté, dans la démarche de peindre, m’est essentielle. Il s’agit ici d’un acte créateur, d’une re-connection avec le VIVANT en chacun de nous, de l’ordre d’une conscience que l’on ne maîtrise pas…
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Daphné Nan le Sergent Le long du 38 parallèle / Along the 38th parallel
Château de Malves Exposition du 30 Avril au 30 Mai 2010
Centre méditerranéen de l’image Association GRAPH
11600 Malves-en-Minervois France
Le long du 38e parallele - installation photo et vidéo
réalisée par Daphné Nan Le Sergent

photo: Daphné le Sergent-est-ouest/Château de Malves en Minervois
Ce travail sur la frontière entre la Corée du Sud et la Corée du Nord m’a amenée à la considérer tant dans sa réalité géographique que dans sa réverbération chez les individus. La frontière m’est apparue comme stigmate d’une absence, celle de l’autre, des coréens du Nord pour les coréens du Sud.
Ainsi, la frontière semble polariser la projection de cette absence à l’instar d’une image, si on considère
qu’une représentation est la présentation au regard d’un objet absent.
Le long du 38ème parallèle se construit sur des images photographiques et vidéo de la frontière coréenne, de la DMZ, zone démilitarisée entre les deux Corées autant que sur ses paysages périphériques (dispo-sitifs de surveillance militaire, plages à l’accès réglementé, circuits touristiques proposant la visite de la DMZ, observatoires sur la Corée du Nord), ou encore sur des scènes de la vie quotidienne.
Ces images s’agencent les unes avec les autres soit au travers d’un montage vidéo, soit au travers de
polyptiques de photographies, soit dans le croisement entre les deux médiums. Ces agencements,
dans les mises en lien qu’ils proposent au spectateur, en appellent à une lecture subjective et l’invitent
à explorer des images intériorisées. Et j’ai cherché à orienter ces agencements afin qu’ils suscitent des
images intérieures révélant les nœuds vécus, ancrés dans une possible mémoire de la séparation. J’ai
souhaité proposer une vision rémanente de la frontière.
This work on the border between South Korea and North Korea led me to consider both its
geographic reality and its reverberation among people. The border appeared to me as a sign of ab-
sence. The Absence of the Other, relating to the North Koreans for the South Koreans. Thus, the bor-
der seems to polarize the projection of this absence following the example of a picture, if one considers
that a representation is a sign of a missing object.
Along the 38th parallel is built upon photos and videos of the Korean border, the DMZ, demilitarized
zone between the two Koreas, as well as its peripherical landscapes (devices for military surveillance,
restricted entrance to the beaches, tours visiting the DMZ, observatories in front of North Korea), or
even scenes of everyday life.
These images work together, either through a video, or through polyptics photographs, or even in the
intersection between the two mediums. These arrangements, in making contacts, offer the viewer to
call for a subjective reading and invite exploration of interiorized images. I tried to guide these arran-
gements so that they generate images showing internal nodes of experiences, anchored in memory of
a possible separation. My aim is to propose an enduring vision of the border.
inconnu sans papiers !
Au grand Jeu du Tout Papier !
Au grand jeu des papiers du LAC, on passe facilement de la jubilation à l’interrogation (mais jamais à la consternation ! ) , et de la félicité à la perplexité ! Bien entendu il n’y a pas de papier d’assignation, ni de papier de soie, rien n’est obligé tout est vrai ! Mais qui dit papier dit matière et manière, et souvent signature ! Retour alors à la perplexité, car il y dans le lot un papier sans identité !
Le voici ! et il rend la perplexité quasi douloureuse ! De qui sont ces signes de silhouettes qui marchent, s’arrêtent, regardent se parlent, soliloquent, leurs ombres fidèles couchées à leurs pieds ?

Attention ! car de trop les fixer peut conduire à l’anxiété, après tout, n’est-ce pas là un sortilège, une magie noire et blanche, ? peut-être a –t-on accroché un simple papier blanc, et, depuis ceux et celles qui passent devant lui , le regardent, y seront irrémédiablement fixés ! …..perplexités !

Mais perplexités naturelles, il faut raison garder, ce n’est là que le bon dessin d’une bonne plume, ou du fin pinceau d’un artiste attentif aux attitudes et comportements de ses contemporains. Alors un dessinateur, illustrateur de presse, mais qui ? le thème pourrait être d’un Sempé, mais le thème seulement ! alors qui, et si ? on se souviendra d’avoir vu des choses comme ça, des foules rendues par des traits pertinents, mais chez qui ?, Ah ! le jeune Opalka peut être et ici même au LAC, mais, mais il y en aura toujours un mais, en ce mois de Mai ! car forcément tout cela doit finir par la … signature !
Et iI y a en une, et nette, mais qu’elle soit lisible c’est autre chose ! On tentera donc de déchiffrer : deux lettres (pour le prénom ?) un c /h ou c-y ! et une suite griffonnée en patronyme, commençant par un U, un N, un O ? ensuite un j, un p, un l ? perplexité !

Je renonce, nous renonçons ! comme Piet, et Layla Moget ! et ce travail demeure le seul inconnu de la centaine de papiers peuplant les murs du LAC. Autant dire que si vous « savez qui » est l’artiste inconnu ….
Vous aurez le droit à l’arc de triomphe d’une admiration considérable !
Daniel Bégard. 3 /5/10
LAC : Que du papier… mais une belle art manie !
QUE DU PAPIER Exposition regroupant les oeuvres de la collection peu ou jamais montré sur papier ou à partir de papier…
Lieu d’art contemporain Hameau du lac 11130 Sigean
DU 10 AVRIL AU 25 MAI 2010 Ouvert tous les jours sauf mardi : 14h - 18h

On ne sait si une bonne et rare Pandore, fille d’entre terre et eau, y est pour quelque chose ; ou si, plus prosaïquement, Piet Moget mis de l’ordre dans ses greniers. Peu importe.
On peut voir en effet au LAC, une boîte, à souvenirs, une malle à jouets, un coffre à trésors, un album de famille élargie, ou un kit didactique pour revoir un demi-siècle d’histoire de l’art. Ce sera comme l’on voudra, il suffira d’avoir l’oeil fouilleur ! .Mais avant de l’ouvrir il faudra vivre un effet de dépaysement, car l’accrochage tranche avec les habitudes de la maison !
Cette rupture s’avère toutefois une fort bonne idée. Nous ne sommes plus en effet, dans une muséologie traditionnelle mais dans l’intimité d’un cabinet de curiosités. Et la nouveauté en devient ludique. Car au-delà des facilités de reconnaissances : Ben, Buffet, Calder, il y aura des identifications plus difficiles : ces tracés fulgurants, de Daniel Dezeuze, ces gestes graphes de Messager entre autres ; des énigmes aussi, ce petit paysage fait penser à ?…..et cette petite nature morte avec fruits ? Ailleurs on rencontrera l’oublié Aubertin et ses allumettes, ou l’affirmation affectueuse de la présence d’un ami disparu, Matias Spescha. Enfin, deux grands dessins sur papier dominent, l’un dû à Piet Moget, l’autre de sa compagne Mary Schallenberg qui font ainsi figures de bienveillants totems.

En effet, la curiosité, le jeu, l’amitié, les admirations, les rencontres de hasard, durables ou éphémères, s’imposent à l’évidence comme la source de tout cela. Ce sont là des traces, de vies, de choix artistiques et éthiques que l’on nous propose. .Avec amitié et sens du partage, ce qui ne se refuse jamais.
à suivre…
Daniel Bégard
olé magazine
AMANDINE ARTAUD - point/bascule Musée d’art moderne Collioure

Amandine Artaud à été sélectionnée pour le prix Collioure destiné à de jeunes
artistes et attribué tous les deux ans par la ville de Collioure dans le cadre de la
manifestation Mulhouse 008. La ville donne ce prix depuis 20 ans et le Musée de
Collioure se charge du séjour de l’artiste et de l’exposition présentée en fin de
résidence.
L’exposition point/bascule présentée au musée de Collioure du 6 février au 5 avril
2010, résultat de 18 mois de résidence, a permis à Amandine Artaud de mettre au
point la réflexion sur le travail qu’elle porte depuis quelques années et d’aboutir à
travers des pièces conçues à cet effet, de démontrer l’importance de la relation
qu’elle accorde à l’espace.
La sculpture est un lieu architectural sensible dans le sens où elle induit nécessairement une certaine relation à l’espace. Aussi, parce qu’elle redéfinit toujours celui préexistant. Richard Nonas la considère comme “ la démangeaison avant le grattement (…) le dé- du déplacement ”. Elle est la particule qui provoque, qui déplace. Je tends à exploiter le site, à délicatement le dévier. Mes propositions, qu’elles soient sculpturales, photographiques, graphiques ou vidéos, se situent toujours dans une lignée du passage; et pour quelque déplacement que ce soit, il est toujours question d’un entre. Si j’utilise l’interaction de plusieurs phénomènes, comme par exemple la rencontre d’un liquide dans un espace convexe, le frottement d’un corps contre un savon, celle du moule et sa matière interne, c’est que je porte une attention particulière à leurs résultats : le renversement des situations au travers, la consomption de la matière ou l’empreinte. Je tente de révéler ces imperceptibles états, pour la fragile subtilité qui en émane. Cette finesse que Duchamp nommait l’inframince; la passerelle qui rend forte une chose à peine, le point exact de transition qui provoque, ce que je nomme : point / bascule.
Amandine Artaud
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Femmes de demain en noir et blanc-Encres pour textes et silhouettes
La Poudrière, Narbonne décembre 2009
“Un groupe de femmes de la cité des Platanes invitent les habitants du narbonnais à découvrir leurs travaux d’écritures et d’arts plastiques, dans le cadre de l’exposition “Femmes de demain en noir et blanc. Encres pour textes et silhouettes”.
Cette exposition est l’aboutissement d’un travail mené d’octobre 2008 à mai 2009 dans le cadre des ateliers du centre social AMPG de la Résidence des Platanes à Narbonne.
Un financement accordé par la caisse d’Epargne Languedoc Roussillon à permis à l’AMPG de s’entourer de professionels pour aboutir à cette qualité : l’Association Cépages dEncres, au travers de Françoise PARAN et Henry MIGAUD pour mener les ateliers d’écriture; Fernand SOUAL et Bruno SELLENET de l’Association Aux Z’Arts, pour explorer l’expression artistique dans le domaine des arts plasitques.
Les intervenants des Associations Cépages d’Encre et Aux Z’Arts ont dévéloppé une approche ludique pour guider le groupe dans la créativité et l’amener à s’engager dans une démarche artistique.
La thématique dominante et dévéloppée au fil des séances est restée: l’écriture, le trait, le signe et la lettre pour progresser vers le texte, la texture et le textile.
La relation privilégiée qui s’est nouée entre le groupe et les intervenants a permis de rendre ces ateliers conviviaux , ouverts et spontanés, un lieu où la parole a circulé en toute spontanéité et confiance, un lieu où l’expression artistique de chacune s’est exprimée en toute liberté.
La bande sonore qui diffuse des chants, des voix récitants les textes, des scènes de vie sur la Résidence des Platanes… à été réalisée par Michel Laurant (de l’Association Cépages d’Encres), en situation pendant les ateliers ou lors de visites de la cité.
Enfin, la Mairie de Narbonne au travers de Madame CATHALA, a soutenu ce projet dès son démarrage et a permis de faire valoir leur démarche artistique, dans un haut lieu culturel de la ville de Narbonne.
Serge Griggio - Rendez-vous à L’atelier
Narbonne : L’expérience de l’Atelier des Pénitents 
Il existe une question, simple, qui ne nous vient pas naturellement. Qu’est-ce que l’art pour nous, comment se vit-il, ? se fait-il ? qui le produit et pourquoi ? .Or, il ne s’agit là, que d’un devoir que nous devrions avoir au nom de notre citoyenneté, une exigence lointaine d’un précepte platonicien « recherchez l’âme au moyen de ce que les yeux perçoivent ».
Chacun sait, fut-ce vaguement qu’il existe des politiques culturelles et des acteurs
multiples du même nom, supposés entretenir au nom de la République si ce n’est le goût des arts, au moins l’idée qu’il puisse y en avoir un ! . Mais ce constat suffit rarement. Il faut donc revenir à notre exigence car si le pouvoir politique est loin de nos impulsions et de nos désirs, l’art, par les artistes qui le font est-il, lui, plus proche de nous et de nos attentes ?
Narbonne aura connu cet hiver, un ensemble de situations construites autour de la mise en œuvre de l’exposition-atelier de Serge Griggio qui permet peut-être d’y voir plus clair. À l’origine une proposition peu fréquente, un artiste invité à présenter son travail dans un lieu dédié, souhaite faire de celui-ci temporairement son atelier. Proposition que soutiendra l’équipe culturelle de la municipalité. Ce qui suivra va devenir alors une aventure humaine et artistique, insolite et passionnante.
Dans un atelier, on travaille, on produit. Griggio y peint pour lui, mais il y enseigne ou initie jeunes élèves et collégiens. Dans un atelier, on se rencontre, on se parle, on échange des idées et des outils. Les artistes invités y laisseront leurs propres travaux, les commenteront, feront réseau pour porter leur part du projet. Les collectionneurs, les amateurs seront aussi de la partie, et d’autres disciplines s’y mêleront et s’y confronteront.

Bruno Sellenet
Enfin et ce fut décisif, ce passant curieux, ce voisin, ou celui qui, par bouche-à-oreille, sera venu pour voir, s’attardera, commentera avec qui est là, de ce qui est là, ou de ce qui pourrait y être. L’atelier reprendra alors son sens premier car on y produira collectivement du sens, selon des savoirs et des désirs mis en commun. En bref tous ceux qui y seront passés auront ainsi vécu, pour un temps, la belle expérience d’une formation d’unités actives de solidarité, condition première d’une citoyenneté réelle. Cet Atelier qui ne se voulait pas être une leçon pourrait bien toutefois être aujourd’hui un modèle nécessaire.
Daniel Bégard.
Rendez-vous à l’atelier
Exposition prolongée du 13 au 20 décembre 2009
et du 4 janvier au 14 février 2010
“AU BRUIT DES FONTAINES”
DECOUVERTE D’ŒUVRES DES ARTISTES INVITES
DANS LE CADRE DE L’EXPOSITION DE SERGE GRIGGIO A LA CHAPELLE DES PENITENTS BLEUS
4 JANVIER - 14 FEVRIER 2010
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Du 4 au 10 janvier 2010 : les œuvres de Yseult Houssais et Florian Guillet
Du 11 au 17 janvier 2010 : les œuvres de Piero Mosti-Dusi
Du 18 au 24 janvier 2010 : les œuvres de Gilbert Garcia et Muriel Navarro
Du 25 au 31 janvier 2010 : les œuvres de Daniel Bégard, Fernand Soual, Bruno Sellenet et Claude Meurisset.
Noir de l’aube, Jour brun
Nuits blanches
À propos de Paul Celan
pdf à télécharger ici:
Du 1er au 7 février 2010 : les œuvres de Chantal Lekim-Paicheler
Du 8 au 14 février2010 : les œuvres de Véronique Vialade-Marin et
Claudio Cravero
PROGRAMME DE RENCONTRES DANS LE CADRE DE L’EXPOSITION DE SERGE GRIGGIO
A LA CHAPELLE DES PENITENTS BLEUS
“RENDEZ-VOUS A L’ATELIER”
4 JANVIER - 14 FEVRIER 2010
Mercredi 13 janvier à 18h30:
Pier Giorgio Corchia, directeur de galerie d’Art
Patricia Livolsi, artiste
Rencontre - Lecture d’auteurs italiens
Mercredi 27 janvier à 16h15 :
“ Autour de l’œuvre de Paul Celan”
Daniel Bégard, critique d’art
Bruno Sellenet, plasticien
Fernand Soual, plasticien
Claude Meurisset, plasticien
Entretien – Lecture d’extraits de poèmes de Paul Celan par Doris Schläpfer et Remy Soual
Mercredi 10 février à 18h30 :
Véronique Vialade-Marin, professeur de Lettres, photographe
Dominique Marin, psychanalyste
Vendredi 12 février à 18h30 :
Présentation des tableaux de Serge Griggio réalisés durant l’exposition “Rendez-vous à l’atelier”
Carte blanche à de jeunes créateurs
invités par Serge GRIGGIO dans le cadre des Rendez-vous à l’atelier
Le Samedi 12 décembre à 18h30
en présence des artistes :
Seloia Achouri - Maeva Barrière - Idriss Bigou Gilles - Sophie Minana
Pauline Moulis - Gaëlle Navarro - Lisa Roques - Sandra Rossi
ainsi que les dessins réalisés par les élèves de Narbonne
et les jeunes de l’hôpital de jour lors de leur visite à l’atelier
La soirée sera ponctuée par diverses interventions musicales, artistiques et littéraires.
Tristan Laroye (vidéo art) - Bizern (lectures extraites du roman Vertiges)
Stéphane Kowalczyk (installation vidéo) - Grand destin (rap)
Lez’Arts abstraits (rock) - Flavio Griggio (batterie)
Carte blanche à de jeunes créateurs
invités par Serge GRIGGIO dans le cadre des Rendez-vous à l’atelier
Au bruit des fontaines : l’art contemporain et quotidien en région. Découvertes d’œuvres,
les artistes invités aux Pénitents Bleus . Narbonne du 14/10 au 2/12 2009
Présentant un ensemble de travaux qui sont autant de témoins de ma vie de créateur en région, j’ai souhaité inviter, pour partager ce moment, les artistes que j’ai connus au cours de ces années , et dont j’ai apprécié le travail . Il y a bien sûr entre nous des liens d’amitié et d’estime réciproque, mais aussi et peut être surtout une sorte de solidarité qui tient à ce que nous affrontions les mêmes conditions pour créer une œuvre artistique en région tout en restant profondément attachés à celle-ci , ce quelles que soient nos origines et nos choix esthétiques . Ces artistes montreront un choix de leurs œuvres récentes , à tour de rôle , au sein de ma rétrospective, d’autre part ils présenteront celles-ci à nos visiteurs selon le programme des rencontres joint . J’espère vous retrouver nombreux à chacune de ces occasions
Serge Griggio
Du 14/10 aux .20/10 : artistes invités (œuvres exposées): Ballard et Sylvie Romieu
.Le 22/10 a/C de 16h30 Rencontre avec Daniel Bégard et Bruno Sellenet
Du 22/10 au 27/10 artistes invités Daniel Bégard et Bruno Sellenet
Le 28/10 de 16h30 à 18h Rencontre avec Christian Hadengue et Claudio Isgro Du 28/10 au 3/11 : artistes invités Christian Hadengue et Claudio Isgro
.le 4/11 de 16h30 à 18h . Rencontre avec Claude Abad et Martine Trouïs Du 4/11 au 11/11 artistes invités Claude Abad et Martine Trouïs
.Le 12/11 de 16h 30 à 18h : Rencontre avec Philippe Chapert-Gaujal et Fernand Soual Du 12/11 au 17/11 : artistes invités Philippe Chapert-Gaujal et Fernand Soual
.le 18/11 de 16 h 30 à 18 h :Rencontre avec Jean-Christophe-Alix et
Claire Charpentier Du 18/11 au 26/11: artistes invités Jean-Christophe Alix et Claire Charpentier
.Le 27 /11 de 16 h30 à 18 h : rencontre avec J.P Poutier et J.Mathès
Du 27/11 au 2/12 : artistes invités : JP Poutier et J.Matès
Mercredi 14 octobre à 18h30 :
Céline Juton, responsable culturelle, médiatrice
Lecture du texte de présentation de l’exposition
Mercredi 21 octobre à 16h15:
Daniel Bégard, critique d’art, écrivain, peintre
Laetitia Deloustal, chargé de mission en Histoire de l’Art
Mercredi 4 novembre à 16h15:
Anne Pannifous, galeriste - galerie Carpe Diem à Carlabayle (Ariège)
Louis Privat, chef d’entreprise, collectionneur
Mercredi 18 novembre à 16h15:
Emmanuel Darley, écrivain, dramaturge
Dominique Marin, psychanalyste
Valérie Schlée, écrivain
Mercredi 2 décembre à 16h15:
Laetitia Escalier, danseuse
Les musiciens du groupe Les Chats fourrés, répertoire d’Alain Bashung revisité
Samedi 12 décembre à 18h30: Carte blanche à de jeunes créateurs
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SERGE GRIGGIO : Récits et refrains des seuils.
« Ne pourrait-on, pensais-je alors, reprendre seulement la série des
faits, et refaire le récit. Aucune objection raisonnable ne s’étant présentée,
mon parti fut pris aussi tôt «
Alessandro Manzoni « Les Fiancés-introduction » 1823
Comment devient-on peintre, et d ‘abord , peut-on le devenir ? Cette question , Serge Griggio a dû l’entendre , mais il est de ceux à qui l’on ne la pose plus. C’est un usage qui certes peut sembler absurde, mais c’est aussi une mauvaise politesse de ne pas la poser.Car un créateur aurait à contrario bien des raisons de souhaiter que l’on la lui pose, et c’est d’ailleurs ce qui serait justement délicat et de bon goût de faire. Pour autant une rétrospective portant sur une période assez conséquente d’une œuvre peut paraître un moyen raisonnable d’essayer de la comprendre . Et l’artiste lui-même qui se dépouille ainsi de son passé peut y trouver les ressources pour s’interpeller lui-même s’il en éprouve le besoin.
Une rétrospective ordinaire s’organise en conséquence en jouant des durées, des lieux et, bien entendu des manières et ou des thématiques. C’est ce qui fait la coutume autant que l’usage des
« catalogues raisonnés » . Autant dire qu’il ne s’en déduit logiquement que des parcours, des fléchages, des haltes, soit un ordre naturel pour toute muséographie. Car un tel ordre suggère un dispositif linéaire qui convient parfaitement pour les (forcément grands) disparus et pour quelques vivants qui ne rechignent pas devant une commémoration aussi balisée que prématurée. Le seul défaut qu’au demeurant l’on puisse valablement opposer à celui-ci étant que l’on élimine ainsi tout véritable récit.
Or une œuvre n’est pas un parcours donné d’avance et repéré comme tel, elle n’est que le relevé des traces qu’elle aura laissé .Une œuvre est en effet un récit, ou mieux une suite de récits composés et chantés dans le temps d’une vie, et dans les lieux de celle-ci. Avec des reprises et des recoupements, des couplets et des refrains. Il faut reconnaître toutefois qu’un tel décryptage de récits singuliers n’est pas forcément chose aisée. La nature de l’œuvre en effet, les conditions de sa conception, choisies ou subies par l’artiste, peuvent brouiller les tours et retours des récits. Mais disons le Serge Griggio est clairement l’homme des récits construits dans la rigueur et sans masques ce qui nous en facilite la lecture.
Et l’on revient par là, à la question du « devenir peintre ». Il n’y a pas en ce domaine de décision volontariste, il y a plus vraisemblablement une mise en marche, une sorte de porte, de seuil que l’on passe. Et le premier récit commence avec cette avancée-là . D’où vient cette mise en marche, ou mise en ordre de la création ? probablement d’un jeu de forces « des quantités de force, en relation de tension, pour un objet qui lui-même est force « qui constituera le début d’une histoire « par la succession de forces qui s’en emparent et leur cohabitation « écrira Gilles Deleuze (1).
On pourrait dès lors interroger,prioritairement, ce moment d’origine dans ses rapports, conscients ou non, aux permanences de ces « images-pathos « ces images « survivantes » analysées, à la suite de Warburg,par Georges Didi-Huberman .(2). Notamment en ce qu’elles nourriraient ou provoqueraient toute création tendant à une représentation. De plus, de l’addition de cette mise en « marche » et de ces survivances naîtrait alors quelque chose de nécessaire pour passer outre le premier seuil et dérouler au moins le premier récit. Néanmoins le moment originel persisterait comme une nécessité de repère, voire une modélisation toujours à reprendre, a chaque seuil, mais qui retient et s’enrichira, (dans ce qui deviendra une œuvre d’artiste), des acquis emblématiques des seuils successifs . Toutes ces avancées et ces retours ayant formes de couplets et refrains, d’une même ritournelle .
Or celle-ci a justement ceci de particulier : « qu’elle fabrique du temps. Elle est le temps impliqué « (3) et partant la ritournelle serait possiblement un mouvement rétrograde seulement formé d’un cercle fermé’ ’ . Mais, Gilles Deleuze, encore, qui en analyse les effets, remarque par ailleurs que si la peinture a ses propres ritournelles c’est parce que le peintre (au moins dans l’image que l’on s’en fait et à la différence d’un musicien) serait beaucoup plus ouvert socialement, beaucoup plus politique, beaucoup moins contrôlé du dehors et de dedans. Ce parce qu’il doit à chaque fois recréer (…) à partir des nouveaux « corps de lumières et de couleurs qu’il produit .(4) .
Je n’ai pas cherché à dresser ci-dessus un modèle théorique absolu,
mais il se trouve que pour la rétrospective que présente ici à Narbonne Serge Griggio, on y trouvera un éclairage utile, à défaut de l’explicitation d’une œuvre qui ne peut appartenir qu’a l’artiste lui-même et au goût qu’il a, ou non, de nous la livrer. Mais avec le recul que permet cet exercice, il semble possible de tenter de relever de quoi et comment s’est fait cette œuvre, ses couplets, ses mélodies, ses rythmes, ses refrains et ritournelles renouvelés.
Les premiers travaux (1979 1982) de Serge Griggio sont de ceux que l’on peut attendre d’un jeune homme qui se sent en capacité d’affronter les mystères et complexité de la représentation. Et assez naturellement le passage du seuil se fait par des imaginaires dominants. Rien d’étonnant donc d’y retrouver une sorte de figuration cosmique ou l’humanité n’est que flottante, ou un visage de femme se fondant dans les eaux. Mais on les notera ,pour ce carnet de voyage dans une œuvre singulière, parce que l’incertitude de la condition humaine, ou l’impossible nostalgie de la femme aimée, mère ou amante, y seront récurrentes, et comme la marque d’un manque.
Viendra un temps qui pourrait être celui de la maturation technique, et d’une conscience du refrain, et du rythme. Les sujets et le mode de la représentation feront penser, quelques fois à de Stael. Mais en l’occurrence c’est là probablement plus « l’être ensemble » des musiciens qui compte qu’une référence plastique assez anecdotique. La série de ces travaux (1983-1987) est, à mon sens clôturé par un grand format intitulé « entracte « qui est d’une tout autre importance. Parce que c’est à l’évidence là un nouveau seuil qui est franchi . En effet, les traits –qui pour la première fois dominent nettement et pour eux-mêmes la composition - imposent une vérité qui n’est autre que le désir ou la nécessité d’abstraction . Et parraléllement les fonds, jusqu’alors peu traités, en deviennent »acteurs « à part entière. Enfin la figure, et semble-t-il corrélativement, les corps humains sont pour le coup sortis de scène .
Ce qui va suivre (1988/1999) mais bien entendu, tout découpage de cet ordre est arbitraire car il néglige d’évidents chevauchements – s’inscrira d’abord par une suite de vues d’ateliers dont on ne voit surtout que le chevalet de l’artiste où plus précisément les traits qui le décomposent le désossent, le déconstruisent. Puis dans une autre série ce même chevalet qui a perdu toute substance matérielle, au point d’en devenir une sorte d’idéogramme , d’écriture, s’envole littéralement dans des compositions de plus en plus complexes dont l’équilibre n’est assuré que par une maîtrise, elle-même hasardeuse (couleurs, vibrations et matières des fonds). Il serait probablement faux de voir dans une telle thématique une symbolique critique du métier de peindre. Plus utilement alors, s’il fallait s’aventurer dans un tel registre , il faudrait en retenir le désir d’envol et/ou celui d’un chaos… reconstructeur. On sera donc tenté de voir dans une série postérieure où la représentation s’affronte au damier et aux figures d’un jeu d’échec comme une parabole de ce désir en action.
Désir donc mais aussi constat d’une situation, et mise en scène de celle-ci.Car il est bien possible que ce qui était en cause alors renvoyait à ce problème que les peintres ne peuvent éviter et qui est selon Gilles Deleuze lorsqu’il le relève à propos de Bacon : « que le problème de la capture des forces si conscient qu’il fût, se trouve mélangé avec un autre également important (…) celui de la décomposition et recomposition des effets ».(5) .Et de fait cette série de toiles où le rôle des fonds et des traits, (autonomes ou palimpsestes de figures dissoutes) s’accentue pourrait être une démonstration de la nécessité, pour un peintre d’élaborer un » diagramme « personnel qu’il déclinera dans ses œuvres suivantes. Hasard ou clin d’œil cette sorte de rupture intime est en quelque sort à placer sous le digne de la présence quasi permanente d’une pièce particulière du jeu, un cheval et un cheval bleu, un « Blaue Reiter » ! enseigne depuis Kandinsky du désir « de vivre le spirituel dans les choses matérielles et abstraites (6)
Du bleu encore et envahissant dans une toile (1991) fond et décor d’une sorte de fenêtre, striés par les persistants traits des œuvres précédentes. Le carré (fenêtre ouverture) , dans cette composition abstraite joue alors comme un appel, à l’évasion spirituelle à moins que comme l’écrivait alors Marie-Germaine Faure, cela soit la marque de la « subjectivité déchirée « de l’artiste. C’était en tout cas certainement, une injonction pour lui car les toiles qui suivront (1991 1999) feront certes la part belle à ce qui ressort probablement de la subjectivité, mais elle vont rompre aussi avec bien des données constantes des œuvres précédentes.
Les couleurs d’abord dont la palette est bouleversée par l’arrivée d’ocres, de rouges, de bruns, par les thématiques ensuite qui interrogent des restes architecturaux, de murs peints pour des compositions où la figuration fait retour. Effets probables d’un voyage en Italie, de ressourcement quasi familial, mais surtout voyage aux sources de la peinture.Son ami, le peintre Mazzini dira alors que Griggio « invitait aux portes d’un univers métaphysique.
Mais il se peut que ce seuil-là ne soit pas ceux que l’on veuille franchir
parce que peut être, on y perdrait d’entendre la « ritournelle » originelle, celle qui vous avait mit en marche. Les toiles qui vont clore cette époque l’expriment peut-être assez précisément. Un fauteuil ou une chaise, banalités peut être, mais servies par des « morceaux de peinture « fonds lourds et sombres, épaisseurs d’ombres blanches, rouges imprévus et tranchants. Puis une autre série, l’objet, la chose demeurent en prétextes pour se dissoudre mieux. Retour des traits, et abstractions. Pourtant le brio de certaines de ces toiles fait ressentir plus vivement encore un manque violent . Celui de la figure, des corps, et de l’humanité ordinaire .
On pourra avoir alors le sentiment que l’artiste craint un assèchement
de son œuvre et qu’il ressent cela comme un carcan pour prendre le titre
d’une toile tout à fait atypique en regard de ce qu’il a fait jusqu’alors, tout d’une grande et forte gestuelle noire . C’est probablement pour cela
que lui viendra le désir de s’engager (1999- 2006) autrement, et dans une quête novatrice.
Comme le dira fort justement son amie et consoeur Syvie Romieu , qui en sera témoin : « En peignant ses angoisses , ses peurs et ses doutes l’homme Griggio ne peint plus que l’homme, dans son opacité, dans sa transparence , l’homme dans sa nudité profonde . Et le peintre rencontra l’homme « . De fait Serge Griggio va nous livrer alors des séries de toiles figuratives d’une grande maîtrise technique , où il traque la misère faite aux hommes , l’affaissement et la dignité qui se cherche encore .Les gestes qu’il montre ont l’exactitude crue du reportage , mais il sait faire
comprendre aussi les corps en solidarité , en secours de ceux qui, tombent . Et pour rendre toute cette vie vraie et terrible, il la peindra dans -un crépuscule de dérive qui dira l’écrivain Jean-Claude Pirotte « n’en finit pas de ralentir et d’allonger les gestes avant de lancer un trait qui fulgure »

Il poursuivra en cherchant dans les corps , et ce dans toutes les attitudes qu’ils prennent et les plus passionnelles , celles de l’amour ou de la passion christique , les mystères qu’ils portent en eux dans et avec les stigmates des misères sociales ou culturelles qu’ils subissent . Ce qui est d’ailleurs, mais par un tout autre chemin et par une autre porte, franchir un seuil « métaphysique ».
Dans ces productions les plus récentes Serge Griggio a repris et étendu
le chant d’une telle approche . D’une part , et usant pour une première fois de ce mode d’intervention , il a livré avec ses installations « Totems et mythologies des temps modernes » (2008) -où il use de containers de déchets et d’une figurine d’argile , sorte de golem représentatif de ces corps et gestes qui anéantissent qu’il peignait précédemment ,- une réflexion forte et amère . À la fois sur la survivance des mythes dans et malgré les aspects triviaux de nos sociétés, et sur l’engagement de l’artiste et le destin de ses œuvres. Depuis il a entrepris la mise en oeuvre d’une autre intervention importante « Uno sguardo dentro la vita « consacrée aux portraits de femmes , c’est-à-dire aux regards qu’elles
portent sur lui et qu’il a porté sur elles . Introspection décisive s’il en fut et qui le sera certainement pour lui, faisant ainsi retour au « refrain « qu’il lui fit franchir un premier seuil de création.

Enfin il faut remarquer que l’initiative de Serge Griggio d’installer son atelier dans le lieu même de sa rétrospective, pour y être ainsi disponible aux visiteurs, comme ses invitations à des confrères d’ exposer avec lui, ou celle faite à différents acteurs de l’art contemporain en région pour y débattre ensemble, témoignent de la volonté permanente qu’il a d’être aux plus près des problématiques de son art.
Daniel Bégard . Octobre . 2009
Notes :
1 Gilles Deleuze « Francis Bacon-Logique de la représentation »
Le Seuil éditeur . Paris 2002
2 Georges Didi-Huberman « L’image survivante » Editions de minuit Paris 2002
3 Gilles Deleuze et Félix Guattari « Mille Plateaux «
Éditions de Minuit . paris 1980
4 G.Deleuze/F.Guattari Ibid.
5 Gilles Deleuze .Ibid
6 V.Kandinsky . Lettres 1913
Rendez-vous à l’atelier avec Serge Griggio:
voir le documentaire
la conférence de Daniel Bégard et Laetitia Deloustal
voir la vidéo
“Aire de repos” Renaud Helena au L.A.C.- Sigean
« le LAC se fait aire de repos » Renaud Helena
Sigean - L.A.C. (lieu d’art contemporain)
Exposition du 11 octobre au 8 novembre 2009
Ouvert samedi et dimanche de 14h à 17h
Cette magnifique cave viticole transformé en lieu d’exposition nous invite à vivre une paranthèse ouverte sur le bord des chemins. Les travaux de Renaud Helena possèdent une esthétique empreint d’une banalité qui laisse percevoir la faille de ces espaces publics anonymes, ses limites et ses bords comme autant de possibilités d’accès et d’issue. Alors derrière la surface, on peux tracer de nouvelles conduites, un déplacement trouble jusqu’aux imaginaires.
Suite à la résidence d’artiste effectuée avec le partenariat du L.A.C. au collège Victor Hugo de Narbonne et le projet artistique mené aussi avec les collèges de Port-la-Nouvelle et Sigean, Renaud Helena présente un travail nourri de cette expérience unique et des rencontres avec les collégiens du narbonnais.

A l’origine, il y a la découpe et le pli, deux gestes qui lient surface et volume. Pliées et dépliées telles des pop-ups, les sculptures de Renaud Helena sont susceptibles de disparaître et de réapparaître. Les morceaux assemblés avec des charnières reproduisent le processus de découpage et de pliage d’une feuille de papier. Ici le MDF (médium) utilisé permet aux volumes d’avoir une stabilité tout en gardant la souplesse du papier. En effet, tels des pantins articulés, les volumes reposent sur leurs poids en équilibre ou même ne peuvent pas tenir debout. L’attention portée à la gravité est aussi importante que celle portée à l’espace. Alors, ce qui fait image s’affaisse comme pour connoter un rapport de tension avec la pesanteur du réel.
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Décor de théâtre fatigué ou table de camping pliable, une mise en scène fragile s’installe. Les formes simples évoquent une architecture sans identité, empreinte de banalité. L’installation des volumes en “jardin à la française” avec de grands axes contraste avec l’aire de repos. Elle est un non-lieu dépourvu d’histoire, un espace de transit purement fonctionnel. L’artiste a voulu se limiter à des lieux communs comme pour faire résonner les limites de ce dispositif devenu volumes inconsistants à peine stables.
Dans cet espace minimaliste un peu trop maîtrisé résonne le vide, une incapacité à habiter ces lieux publics anonymes, si ce n’est, dans la transgression, le soir venu, où alors une réappropriation sauvage de l’espace trace de nouvelles conduites.
Pour plus d’information consultez le journalderesidence.blogspot
et le site de Renaud Helena


